Je le sais depuis toute petite, mais encore plus depuis que j’ai quitté la maison familiale (une bonne dizaine d’années), je suis une privilégiée. Je n’ai jamais eu besoin de compter vraiment, et il ne m’est arrivé que très rarement d’avoir des soucis de fin de mois. C’est comme ça, je n’en n’ai pas honte mais j’essaie de rester vigilante là dessus, et de bien garder en tête que je fais partie d’une minorité.
Ceci dit, j’avoue, je ne fais pas particulièrement attention au prix des produits que j’achète en faisant les courses. Je pense être capable de donner une estimation si on me pose la question, mais il m’arrive d’avoir des surprises, de mauvaises surprises. Voire de tomber carrément des nues, au point d’avoir besoin d’écrire un texte sur le sujet, alors que quand même j’aurais bien d’autres choses à dire aujourd’hui.
C’est arrivé il y a quelques semaines, alors que je n’avais pas encore rencontré le deuxième homme de ma vie, à savoir mon ostéopathe. Pliée en deux, j’étais alors dans l’incapacité totale de faire la moindre petite course au supermarché du coin. Avec Monsieur Kaloo nous nous organisons alors comme nous pouvons, en faisant appel aux services de livraison à domicile, à savoir Monsieur Houra.
Je ne sais plus comment cette histoire de Monsieur Houra a commencé, mais la Mini-Kalouette est persuadée que la personne qui vient nous livrer les courses est un peu comme le Père Noel, et qu’il s’appelle Monsieur Houra. Il a même une femme, surnommée Madame Houra, mais qui n’est venue qu’une fois chez nous. Je sens que je n’ai pas fini de me faire haïr quand le temps des grandes révélations sera venu.
Bref, nous demandons à Monsieur Houra de nous faire parvenir les produits de première nécessité, et pour le reste Monsieur Kaloo y pourvoit. Sauf que, je suis une Kalouette, je n’ai pas toujours toute ma tête, et qu’on me cite une personne qui n’oublie jamais rien en passant commande sur internet, surtout sans pouvoir se lever en allant vérifier ce qu’il reste dans les placards.
Tout ça pour dire que j’ai oublié de commander le plus important.
Parce que, dans nos sociétés occidentales, je vous le demande, quel est le produit dont personne, je dis bien personne ne peut se passer ? Et la femme enceinte encore moins ?
Oui, vous avez deviné, le papier toilette.
Alors je sais, on peut se passer de tout, les magazines et les journaux ça peut servir, les feuilles des arbres (et des framboisiers alors ?) aussi, au pire les mouchoirs en papier, l’essuie-tout. Et comment ils font dans le désert ?
Soit, mais soyons un peu de bonne foi (par les temps qui courent ça ne peut pas faire de mal), le PQ, c’est quand même un achat tout en bas de la pyramide des besoins primaires de l’être humain moderne.
Presque plus de PQ donc. Ce n’est pas une catastrophe me direz vous, on peut économiser. C’est vrai, j’ai connu des hommes qui tiennent une semaine avec un demi-rouleau de PQ. Sauf que, je ne suis pas un homme, je suis à la maison toute la journée, et j’ai 3 facteurs aggravants. Un, je suis une fille, deux, je suis enceinte, trois, ma fille est une fille, et elle part sur les traces de sa mère pour ce qui est de la consommation de papier toilette. Parce que bon si la cuvette n’est pas remplie c’est pas bien fait hein ? Bien sûr, j’aurais pu sauver un rouleau du désastre, le cacher et le garder jalousement pour moi toute seule, mais bon, nous ne sommes pas en guerre tout de même, je vais bien trouver une petite supérette sur le chemin de l’ostéopathe (notre première rencontre, j’en suis encore toute retournée) pour acheter quelques rouleaux du précieux papier.
Je sors donc de chez l’ostéopathe, encore moulue mais pleine de l’espoir d’une amélioration prochaine de mon état, et miracle, sur ma droite, une supérette, fruits, légumes et épicerie. Je rentre, et m’empare d’un paquet de 6 rouleaux de papier toilette Lotus, ne soyons pas chien, j’ai bien mérité ça.
Petit apparté sur la qualité du papier toilette au travail. J’ai eu l’occasion dernièrement de travailler pendant plusieurs mois dans un des bâtiments du Ministères de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Alors je ne sais pas s’il s’agit de restrictions budgétaires imposées par le gouvernement, ou si les services généraux sont peuplés de sadiques, mais franchement il faudrait faire quelque chose, les fonctionnaires de l’état ne peuvent pas continuer à travailler dans de telles conditions, quand leurs postérieurs sont mis à si rude épreuve à chaque passage aux toilettes. A moins que ce ne soit un moyen de pousser à la productivité. On est tellement terrorisé à l’idée de devoir passer aux toilettes qu’on ne boit plus de café ni de thé, et on réduit d’autant les pauses… Je suis perplexe, mais je doute que le ministre des Finances partage le même papier toilette que le personnel du ministère. Enfin, j’attends avec impatience le prochain changement de majorité, pour voir si les choses évoluent dans le bon sens. Parenthèse close (malgré le potentiel du sujet, mais je n’ai pas que ça à faire).
6 rouleaux de papier toilette donc, et je ne regarde pas le prix. Je m’approche de la caisse, et là le verdict tombe, 4 euros 30. Quoi ? 4 euros 30 les 6 rouleaux de papier toilette, z’êtes sûr ?? Muette (ça m’arrive rarement), sous le choc, je sors et vérifie fébrilement le prix sur l’étiquette. Oui c’est bien ça, 4 euros 30. Je suis trop forte en calcul mental, c’est ma passion. 4 euros 30 les 6 rouleaux ça nous fait du 70 cents le rouleau environ, soit en francs (je m’en fous j’ai besoin du franc z’aviez qu’à faire l’euro quand je savais pas encore compter) quasi 5 francs. Pour un pauvre rouleau de papier toilette. C’est énorme non ?
Je sais bien, c’est une supérette de proximité, ils doivent se faire une marge incroyable, mais elle fait comment la mamie qui ne peut pas marcher et qui est obligée de faire toutes ses courses là ?
Sérieusement, ça m’a turlupiné cette histoire de papier toilette, assez pour que lors de la prochaine commande à Monsieur Houra je regarde le prix des 6 rouleaux. Bon, c’est mieux, 2 euros 80 soit 45 cents le rouleau, 3 francs. Mais quand même, j’espère qu’avec ça les fabricants financent la reforestation parce que ça me paraît tout de même énorme. C’est une prise d’otage je vous dis, je suis sûre que les fabricants de papier toilette sont parmi les plus grandes fortunes mondiales. Il devrait y avoir une loi qui régule ce marché, on ne peut pas profiter ainsi impunément des besoins physiologiques de base de l’humanité.
Heureusement, il n’y a pas de hasard. Je sais que je suis entendue, quelque part, et que les choses vont bouger, un jour, bientôt.
Comment expliquer sinon que Monsieur Houra se trompe lamentablement lors de la livraison de ma dernière commande, omette un certain nombre de produits (immédiatement remboursés, merci Monsieur Houra), mais en rajoute aussi d’autres que je n’avais pas commandés ? Produits qu’ils m’invitent par mail à garder à titre gratuit (je suis une fille honnête vous savez, il était de mon devoir de leur signaler la chose).
C’est donc avec une grande sérénité, et une confiance accrue en la justesse de mon combat pour un accès plus juste de chacun à l’hygiène de base, que je vous informe que je viens de gagner 2 paquets de 6 rouleaux de papier toilette Lotus.
Elle est pas belle la vie ?
Ou la malédiction du siphon
Je crois avoir mentionné quelques fois mon siphon adoré, qui se rappelle délicatement à nos narines à intervalles réguliers, pour le plus grand plaisir de toutes les créatures vivantes de la maison, et elles sont nombreuses.
Une attaque perfide hier soir dans la soirée m’a convaincue de coucher nos aventures siphoniques, siphonesques, siphoniaques ? sur le papier, dans l’espoir sans doute vain soit d’exorciser le mal, soit qu’un plombier me lise et me donne LA solution.
Première révélation cette nuit. Le siphon n’en n’est pas à sa première attaque à mon encontre. J’avais oublié cet épisode, innocente que je suis, mais il m’est revenu dans toute sa clarté et il ne peut pas être tu, sous peine de passer à côté d’une coïncidence plus que troublante.
Avant d’enrichir mes connaissances tant humaines qu’informatiques et hygiéniques au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie pendant plus de 18 mois, j’ai eu l’immense honneur de travailler pendant pratiquement 6 ans, dans une entreprise de jeux vidéo dont je tairai le nom, et dont il vous suffira de savoir qu’elle m’a permis de renconter Monsieur Kaloo et la plupart de mes amis actuels, ainsi que de pouvoir briller dans les dîners de geeks et autres adolescents attardés de 20 à 35 ans. Folle de l’enthousiasme de la jeunesse et de la première expérience professionnelle, sans enfant et avec juste un chat qui à l’époque découchait déjà, je passai là bas un nombre d’heures considérable, ce qui m’amenait à fréquenter assez régulièrement le lieu généralement désigné sous le nom de toilettes, et qui pour lors comprenait, par étage, une pièce assez exigüe avec lavabo, et un immense toilette handicapé dans lequel je pense que nous aurions pu tenir à 12, si l’envie nous en avait pris, ce qui ne fut jamais le cas vous allez très vite comprendre pourquoi. Car, à notre étage en tout cas, l’antichambre qui menait aux toilettes était régulièrement assaillie de vagues nauséabondes, qui rendaient impossible toute station prolongée dans l’endroit en question. On a sa pudeur, et je crois qu’il fallut de nombreux mois avant que nous osions aborder la question entre nous, au café du matin. S’en suivit un certain nombre de spéculations toutes plus réjouissantes les unes que les autres, mais qu’il est préférable de taire ici (sérieusement, je connais du monde là bas moi). Une de nos amies nous apporta cependant la solution, et l’emplacement de la source du mal. Il s’agissait d’une petite grille d’aération située devant le lavabo (les talons de nombreuses filles s’en souviennent encore..), et il suffisait que verser un peu d’eau sur la grille en question pour que l’odeur disparaisse.
Malgré mon amour immodéré pour la science, qui m’impose de passer des heures à comprendre tous les phénomènes physiques que je ne comprends pas à l’aide d’obscurs manuels, j’ai pris la chose pour ce qu’elle était : un miracle. Hop, de l’eau et c’est magique, ça sent plus. Il ne faut pas hésiter à croire aux miracles de ce genre, c’est beaucoup moins fatigant que d’essayer de comprendre, je dis ça en connaissance de cause, je me sens très fatiguée en ce moment.
Bref, problème résolu. Là où ça devient un peu comique, c’est que notre chère entreprise décide à peu près au même moment de changer de logo, et nous le fait découvrir à grands renforts de tee-shirts, verres et supports de présentation Powerpoint (oui c’est moins glamour) aux couleurs du nouveau logo. Je suis bien trop pudique pour citer le nom de l’entreprise en question, et si vous voyez deux spirales qui s’enroulent et forment un cercle, faites semblant de ne pas comprendre de qui je veux parler. La culture de l’entreprise c’est tout un art, mais on ne peut pas empêcher les gens de faire de l’humour, même de mauvais goût. Je ne citerai pas le nom (et d’ailleurs je n’appréciais pas cette personne, je vous rappelle que là je ne bosse pas, on ne sait jamais, je ne veux pas griller mes chances de retourner là bas un jour), je ne citerai donc pas le nom du petit plaisantin qui compara le logo en question au tourbillon de l’eau qui s’échappe lorsqu’on tire la chasse d’eau. Grand retour de notre ami le siphon, nombreuses blagues nulles à l’appui (je ne suis l’auteur d’aucune d’elles, je déteste les blagues faciles).
Quelques mois plus tard, je décide de changer d’horizon. Monsieur Kaloo et moi cherchons le lieu qui accueillera notre grande famille, déjà composé de la mini-Kalouette et de Soli.
Le premier appartement visité fera l’affaire, une grande chambre pour la mini-Kalouette, de l’espace pour que le chat puisse découcher (pfff), une situation exceptionnelle au cœur de Paris, nous emménageons.
Quelques semaines plus tard, la nounou qui garde la mini-Kalouette à la maison me fait remarquer qu’une odeur étrange règne parfois dans la cuisine, et qu’elle est obligée de désodoriser la pièce tant ça sent fort. Et effectivement, lors de mes brefs accès d’odorat, je sens bien quelque chose. Mais bon j’ignore d’où ça vient, Monsieur Kaloo et moi nous promettons d’en parler au gardien de l’immeuble. Les mois passent, nous oublions, après tout nous ne sommes pas souvent là.
Enfin, un samedi matin, mes parents viennent nous rendre visite, et ça se produit. Un espèce de bruit de tuyauterie, comme de l’eau qui remonte, et quelques secondes après, l’odeur… dans la cuisine, et qui contamine rapidement le couloir et les pièces autour. Papaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa (cri de détresse de la fille qui n’a pas un mari bricoleur, mais un papa bricoleur, ce qui est presque aussi bien). Papa ne fait pas défaut, il explique que ce sont des odeurs d’égout qui remontent (jusqu’ici je suis) et que ça vient sans doute du fait que nous sommes au premier étage d’un immeuble qui en comporte neuf, et qu’il suffit de mettre de l’eau dans le siphon pour que l’odeur n’apparaisse pas. Rien à faire côté plomberie, ce qui nous arrange bien.
Miracle encore (le même, mais qu’est ce que c’est beau, je ne m’en lasse pas !)
Enfin quand je dis miracle, c’est plutôt branle bas de combat à chaque fois que le glouglou immonde se fait entendre. La personne la plus proche de la cuisine pousse un cri de rage pour effrayer l’ennemi, se précipite jusqu’à l’évier en écrasant queues de chat et pieds de bébé, se saisit du premier récipient disponible, le remplit d’eau, et verse le précieux liquide dans le siphon, en essayant de ne pas en mettre partout, ce qui n’est pas toujours le plus facile tant la précipitation est grande. Quelques secondes de retard, et c’est l’attaque chimique dans la cuisine. La mini-Kalouette l’a bien compris, qui crie régulièrement de sa mignonne et douce voix : viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite, faut mettre de l’eau dans l’siphoooooooooooooooooooon !
L’histoire pourrait s’arrêter là, l’odeur attaque, nous ripostons, parfois elle gagne, parfois c’est nous. Mais comme dans toutes les guerres qui n’osent pas dire leur nom, une nouvelle étape vient d’être franchie dans la félonie.
Attention, femme enceinte sujette aux nausées, âme ou nez sensible, ne lis pas ce qui va suivre, c’est SALE.
Car depuis quelques jours, il arrive parfois qu’un nouveau bruit se fasse entendre. C’est un glouglou aussi, mais il dure plus longtemps, et il est de moindre intensité, il peut donc plus facilement passer inaperçu. J’ai eu la chance d’assister au phénomène, et là j’avoue je suis vaincue, terrassée par le mal. Présente sur les lieux du drame (il m’arrive parfois de stationner quelques instants dans la cuisine, sur un malentendu), j’entends le bruit évocateur, je me précipite sur le robinet, et là, sous mes yeux horrifiés, une espèce de mousse blanchâtre parsemée de petits points noirs (je ne veux pas savoir ce que c’est, je ne veux pas savoir ce que c’est) remplit les deux bacs de l’évier, alors que l’odeur pestilentielle se dégage à présent simultanément du siphon de la machine à laver et de l’évier. Ouvrir les robinets ne sert à rien, la mousse est coriace, il faut bien 5 minutes pour parvenir à tout évacuer. Je préfère ne même pas décrire l’état de la vaisselle qui attendait dans l’évier qu’une âme charitable se décide à la laver…
Bon, la seule morale de cette histoire, c’est que je suis désormais à jour dans ma vaisselle.
Mais avant de clore, je souhaiterais tout de même lancer un appel : Plombières, plombiers du monde entier, à l’aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiide, je vous en supplie, tout mon stock de tisane de feuilles de framboisier contre un peu d’aide !!!
Il s'agit d'une altération de la capacité à exécuter de manière automatique des mouvements déterminés, en l'absence de toute paralysie ou parésie des muscles impliqués dans le mouvement. Le sujet
doit contrôler volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en attention, et rend la coordination des mouvements complexes de la vie courante extrêmement difficile, donc rarement
obtenue.
Il y a de nombreux types de dyspraxies. Par exemple, la dysarthrie est une dyspraxie concernant l'articulation de la
parole.
La dyspraxie est un handicap peu connu, qui concernerait pourtant 3 % à 6 % des enfants. Contrairement à ce que nous pouvons penser, 3/4 (trois quart) des enfants qui sont atteint de ce
handicap ne sont pas diagnostiqués. Elle passe souvent inaperçue, car invisible, mise parfois sur le compte d'un retard intellectuel ou de la mauvaise volonté de l'enfant.
Ouh là là, ça fait peur.
Bon en vrai je suis un tout petit peu dyspraxique, ce qui se traduisait avant que je ne sois diagnostiquée par carrément maladroite et pas douée du tout pour tout ce qui est manuel.
Mais quand même, je souffre.
Oui je souffre.
Prenons un exemple ce matin.
Nous arrivons au Starbucks Monsieur Kaloo, Ptit Louloo et moi.
Prise d'une envie bien naturelle avant de déguster mon Caramel Machiato, je fais un détour par les toilettes, fais ce que j'ai à faire, et, en fan absolue de l'hygiène corporelle que je suis (le
minuscule petit espace derrière les oreilles dont on nous les rabat justement, les oreilles, excepté), me prépare à me laver les mains.
Je ne me méfie pas, j'oublie sans arrêt que le monde est contre moi. Je m'approche, et là stupeur et perplexité.
Mais comment c'est y qu'on ouvre le robinet? hein?
Le robinet ressemble à un long corps de requin, dont l'aileron semble avoir été prévu pour permettre à l'utilisateur de régler la température. Chaud, à gauche, froid, à droite. Sauf que sans
faire exprès, je passe ma main droite sous le robinet en même temps que de la gauche je tripote au hasard l'aileron du requin, espérant faire jaillir le liquide tant attendu. Et ça marche.
Parfois il ne faut pas chercher à comprendre, je profite de la manne et me lave les mains.
Sauf que, quand même ça m'intrigue. C'est par normal que ça coule aussi alors que ça ne devrait que permettre régler la température, et d'ailleurs ni une ni deux je bascule l'aileron de requin de
l'autre côté, et rien ne se passe.
De plus en plus perplexe, je secoue l'aileron dans tous les sens, mais je n'arrive plus à faire couler la moindre goutte.
Oui Mesdames Messieurs, pendant ce temps là une jeune personne bien comme il faut attendait que je sorte de la cabine, mais bon il fallait que je comprenne...
Et là j'avoue j'ai été lâche. J'ai fui. Sans savoir. Maintenant encore alors que la rédaction de cet article me permet d'y réfléchir, je ne sais pas comment j'ai fait couler l'eau. Je pense que
c'est une cellule photoelectrique que j'avais activée malgré moi la première fois, mais je n'en suis pas sûre.
Je sors des toilettes, consternée par mon manque d'adaptation à la vie moderne. Ah qu'il était béni le temps où il fallait simplement tourner des robinets pour obtenir de l'eau !
Vous le savez, je n'ai pas l'habitude de m'apitoyer sur mon sort, mais c'est à cet instant précis qu'une vague de souvenirs plus embarassants les uns que les autres a déferlé sur moi :
- la fois où dans un train je me suis servi du savon liquide et où je n'ai jamais réussi à faire couler l'eau (oui je sais c'est bête)
- la fois où j'ai voulu boire au robinet (mais quelle idée aussi) dans un autre établissement situé Cour Saint Emilion, et où au lieu du jet attendu une pluie légère mais de toute la largeur du
bac s'est déclenchée et m'a mouillé la moitié de la tête
Et puis toutes ces nouveautés qui sont censé nous aider mais qui nous pourrissent la vie :
- les cartes magnétiques pour ouvrir les chambres d'hôtel (merci au bel étranger secourable qui me sauva la vie un soir en Suisse)
- la lumière dans les chambres d'hôtel qui ne s'allume que lorsqu'on remet la carte dans la fente (et dans le noir, hummmmmmmm)
- les portes coulissantes : je ne sais pas qui a inventé la porte coulissante mais à mon avis il avait de graves problèmes.
- toutes les portes en général d'ailleurs
- les ouvertures faciles (quel est le sadique qui a imaginé que les bonbons Celebrity devraient s'ouvrir par le milieu et non pas en tirant sur les extrêmités comme TOUS les autres bonbons?)
Tout ça pour dire qu'il faut être très gentil avec moi, car mes journées sont parsemées d'épreuves inconnues du commun des mortels (enfin, de 94 à 97% de la population, dans mes bras les autres).
Et pour être gentil c'est facile, je n'ai aucune difficultée à ouvrir les boîtes de macarons Ladurée.
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